Ultra forte
2026 | 9 min 35 s
Animation 2D numérique et encre sur papier
Version française
Une production de l’Office national du film du Canada
Pour conquérir les princes de son entourage, plus voyous que charmants, Catherine tente de devenir une dure à cuire. Quand ses stratagèmes douteux échouent un à un, elle devra affronter l’ultime épreuve : assumer sa vraie nature.
Avec justesse, lucidité et une copieuse dose d’autodérision, Catherine Lepage signe un deuxième film éclatant, qui porte sur la transition vers l’âge adulte. De Cendrillon à Iron Maiden, Ultra forte nous invite à repenser les idéaux de notre jeunesse.
EN UNE PHRASE
Pour conquérir les princes de son entourage, plus voyous que charmants, Catherine tente de devenir une dure à cuire. Quand ses stratagèmes douteux échouent un à un, elle devra affronter l’ultime épreuve : assumer sa vraie nature.
Exploration capillaire ayant inspiré le récit !

Photos de jeunesse de la cinéaste Catherine Lepage, illustrant ses différentes coupes de cheveux.
Crédit photo : Catherine Lepage.
Entrevue avec la réalisatrice Catherine Lepage
Tant vos films que vos romans graphiques sont des autofictions. Qu’est-ce que ce type de récit vous permet d’accomplir?
En effet, même s’il y a de l’exagération et tout, Catherine, c’est vraiment moi! [rires] Il faut dire que je me mets dans une position de vulnérabilité depuis mon tout premier livre [12 mois sans intérêt], dans lequel j’ai parlé de dépression. Publier ce livre-là a été le plus gros pas pour moi, puis il a été très bien reçu. C’est comme si l’autofiction était devenue une manière de me libérer d’un certain poids, de faire sortir les choses que je garde dans l’ombre. Je traque les choses en moi qui me dérangent et, quand je les expose, ça leur enlève de la force. L’écriture des livres a été plus ardue, car j’étais consciente de dévoiler des choses, mais rendue au film, comme je m’étais déjà dévoilée, je me suis permis de m’amuser plus.
Qu’est-ce qui vous a incitée à collaborer avec Régine, d’Arcade Fire, pour la musique originale d’Ultra forte ?
Je travaille pour Arcade Fire depuis 2017, et je connais Régine depuis encore plus longtemps, en raison de mon travail graphique pour la fondation Kanpe, qu’elle a cofondée. C’était bien d’inverser les rôles! Je souhaitais monter l’équipe la plus féminine possible, et je savais qu’elle était rigoureuse, investie, passionnée. Tous les bons ingrédients étaient là! Je ne voulais pas être trop directive, pour vraiment recevoir son apport. Son premier jet m’a vraiment impressionnée parce qu’il a répondu à une question que je me posais, sans que je lui en aie parlé : est-ce qu’on a envie d’être un peu au-dessus de Catherine et de la juger ou d’être plutôt à ses côtés? La musique de Régine a vraiment tranché : elle a su envelopper le personnage, et on est totalement avec elle. Régine a réussi à nous faire entrer dans le rêve, l’univers merveilleux que Catherine s’invente.
Et comment êtes-vous parvenue à faire participer Bruce Dickinson?
J’ai beaucoup écouté la musique d’Iron Maiden quand j’étais jeune. Plusieurs années plus tard, j’ai vu un documentaire dans lequel il parlait de son désir, quand il fait un spectacle dans un grand stade, que chaque personne se sente vraiment interpellée quand il crie « You! ». Il est impressionnant, un vrai performer! Ça m’est resté dans la tête : au-delà de mon amour pour sa musique, je trouve qu’il a un côté superhéros. Ma productrice, Christine Noël, et moi avons essayé fort de le joindre pour qu’il collabore au film, et on n’en revenait pas qu’il accepte! C’est certain que la perspective de travailler avec lui m’intimidait un peu, mais je l’ai trouvé vraiment sympathique, accessible et totalement disposé à participer. En plus, il parle français! Ça s’est vraiment bien passé.
Au-delà de cette référence à Iron Maiden, Ultra forte contient de nombreux clins d’œil aux années 1980 et 1990. Quelle est leur importance dans le récit?
Oui, il y a un mélange de références très précises au Québec et d’autres qui sont plus universelles. Je vois ça comme une valeur ajoutée. C’est certain qu’il y a un côté nostalgie, sans non plus que ce soit un thème central. Il me semble que la portée d’Ultra forte va au-delà de cette nostalgie parce qu’il s’adresse avant tout aux jeunes adultes – autant les filles que les gars – qui vivent ces étapes de leurs vies actuellement. Mais c’est certain que les membres de ma génération vont aussi s’y reconnaître. Par contre, je ne miserais pas nécessairement sur un public composé des fans d’Iron Maiden! [rires]
Comment les apprentissages découlant de votre premier film ont-ils influé sur votre manière d’aborder la création d’Ultra forte?
En terminant Le mal du siècle, je savais que je voulais continuer en cinéma : j’ai appris tellement de choses que je me disais que ce serait du gaspillage de ne pas faire un autre film. Comme je viens de l’univers du livre et de la publicité, où on raconte des histoires avec des images fixes, j’ai dû réfléchir à ce que le mouvement, le son et la musique peuvent apporter. Il y a aussi toute la question du rythme : au cinéma, on « gère » le temps du spectateur, contrairement aux livres, où chaque personne est libre d’accorder le temps qu’elle veut à une page.
En parallèle de tout ça, j’ai aussi appris à animer, car je n’ai pas étudié dans ce domaine. Mais en tant qu’autodidacte, j’adore expérimenter de nouvelles techniques! J’ai beaucoup appris en collaborant avec l’animatrice Agathe Bray-Bourret pour mon premier film, et j’ai eu la chance de poursuivre cet apprentissage avec Rachel Samson. Dans le fond, c’est comme si la gymnastique de créer un film s’était développée avec Le mal du siècle, et ça m’a donné envie de pousser plus loin l’exploration des possibilités avec Ultra forte. Il y a une parenté entre les deux, même si, esthétiquement, ce sont des projets très différents.
Comment décririez-vous votre technique d’animation?
Le directeur technique de l’ONF l’a résumée par l’expression « sérigraphie numérique », ce qui est très drôle parce que ça n’existe évidemment pas. J’apporte l’esthétique des arts imprimés dans le film : ma manière de travailler s’inspire de celle que j’adopterais si je faisais un livre artisanal imprimé, avec des moyens simples et un nombre de couleurs limité. Je procède avec des aplats de couleur.
Vous employez aussi un pinceau et de l’encre noire. Qu’est-ce que cela apporte à votre film?
J’aime beaucoup les imperfections que ça crée. Il y a aussi un effet de surprise : la quantité d’encre sur le pinceau fait que le tracé ne sera jamais pareil. Je dois composer avec cette conscience que mon contrôle n’est pas absolu, et c’est vraiment intéressant! Tracer au pinceau me maintient dans le moment présent, comme si j’étais un peu plus en danger. Je m’applique pour que mon trait soit le plus juste possible, mais, s’il n’est pas parfait, je l’accepte quand même. Au contraire, le numérique nous permet de le recommencer à l’infini.
Pourquoi avez-vous opté pour un style « 2D »?
Ça m’est venu comme ça : j’aime l’animation à la Snoopy et je voulais rester dans cette simplicité. Je ne dis pas que je ne ferai jamais de profondeur… mais c’est comme si mon cerveau ne fonctionnait pas naturellement de cette manière. Et c’est une contrainte que j’aime encore! Je trouve qu’aujourd’hui, l’animation contient beaucoup de prouesses techniques en ce qui a trait au point de vue, comme s’il y avait des plans de caméra. Moi, quand je dessine, je ne fais pas de flou en arrière-plan! [rires] Je suis surtout dans une recherche graphique, de couleur et de composition.
Quelle est la relation entre Ultra forte et vos romans graphiques Bouées et Voler au-dessus des trous?
Au lieu de faire une adaptation directe de ces livres, je me suis lancé le défi de les réinventer. Premièrement, j’ai décidé d’introduire plusieurs univers dans le film, comme la bouffe, les petits chats, etc., pour qu’Ultra forte soit rythmé et varié graphiquement. Dans mon premier film, j’avais adoré mélanger différentes techniques, passer d’un style d’animation à l’autre, avec de courts tableaux. Bref, en faisant mon deuxième, je me suis vraiment fait plaisir, pour être sûre de ne pas passer deux ans à dessiner le même personnage! [rires] Par exemple, les éléments imaginés, comme Bruce Dickinson, sont dessinés de façon plus réaliste et nuancée que les éléments réels. Je l’ai justifié comme ceci, après avoir eu l’élan de le faire : nos idéaux sont plus beaux, plus parfaits que la réalité.
Deuxièmement, j’ai décidé de choisir un thème principal parmi tous ceux que j’avais abordés dans les livres : la quête de la force chez l’autre plutôt qu’en soi. À l’époque, je lisais Réinventer l’amour, de Mona Chollet, qui parle de la façon dont la société nous pousse à rêver d’un prince charmant qui nous prendrait en charge. Cette lecture m’a beaucoup touchée et elle a nourri ma réflexion sur le film. Le moment où Catherine est vraiment capable d’être en relation, c’est quand elle peut elle aussi soutenir l’autre, être là pour lui. Ultimement, ce qu’elle découvre, c’est que pour être bien avec quelqu’un, il faut qu’elle soit bien avec elle-même.
Votre démarche est-elle traversée par une réflexion féministe?
Maintenant, je réponds oui, mais c’est un cheminement assez récent pour moi. Je n’ai jamais senti que j’avais moins de possibilités de carrière, que je valais moins… Sauf que Mona Chollet m’a fait réaliser à quel point la société nous a nourries d’idéaux qui ne correspondent pas à la réalité. Dans le passé, c’est arrivé qu’on me dise que mon style d’illustration était féminin, et j’ai perçu ça comme une faiblesse… Aujourd’hui, je trouve ma réaction troublante! Je considère qu’Ultra forte a un angle féministe, sans non plus être carrément un film féministe.
Quel est le rôle de l’humour, qui est omniprésent dans vos œuvres, même quand les sujets sont sérieux?
Il permet de dédramatiser les sujets délicats, de sensibiliser sans être moralisateur. L’humour montre que je suis moins gênée maintenant, et je peux enfin rire des choses que j’ai vécues. Mais j’avais peur que certaines personnes prennent Ultra forte juste au premier degré, pour ses péripéties et son côté pop. Est-ce qu’elles vont comprendre qu’il y a une réflexion derrière l’humour? Mon film est quasiment une comédie romantique : il est joyeux et léger, tout en jetant un constat sur le monde dans lequel on vit. Il y a un propos, même si mon but était de faire un film lumineux, ludique et qui me ressemble.
Affiche
Extraits
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Images
En coulisses
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Équipe
Générique
Scénarisation, réalisation, animation
Catherine Lepage
Avec la participation spéciale de
Bruce Dickinson
Production
Christine Noël
Musique originale
Régine
Conception sonore
Sacha Ratcliffe
Narration
Régine Chassagne
Montage
Xi Feng
Animation
Rachel Samson
Production exécutive
Christine Noël
Production déléguée
Mélanie Boudreau Blanchard
Administration de production
Karine Desmeules
Coordination principale de production
Josiane Bernardin
Noah Singer
Conseil à la scénarisation
Marie-Hélène Lapierre
Écriture de la narration
Valérie Wells, Catherine Lepage
Direction de plateau
Andrew Morgan
Direction technique
Eric Pouliot
Spécialiste technique en animation
Yannick Grandmont
Technicienne au soutien à la production
Mélissa Rousseau
Coordination du studio
Rose Mercier-Marcotte
Enregistrement sonore
Geoffrey Mitchell
Mixage
Jean Paul Vialard
Montage en ligne et étalonnage
Serge Verreault
Coordination technique
Lyne Lapointe
Titres
Ping Pong Ping
Consultation
Steve Blanchet
Anthony Francoeur-Vallière
Philomène Jean
Jérémy Lapointe
Léo Rivest
Marie Vaillancourt
Musique
Phantom of the Opera
Composition : Stephen Percy Harris
Interprétation : Iron Maiden
BMG Rights Management Canada A (SOCAN)
Représenté par BMG Rights Management (Canada) Inc.
« Phantom of the Opera (2015 Remaster) »
Interprétation d’Iron Maiden
Gracieuseté de Warner Music UK Ltd.
En accord avec Warner Music Group Film & Licensing
Fils de
Écrit et interprété par Bérurier Noir
℗ Bérurier Noir 1985 © Archives de la Zone Mondiale 2025
Droits d’utilisation de l’image de marque
IRON MAIDEN LLP
Photo de Bruce Dickinson
Picture Alliance/Fryderyk Gabowicz/Bridgeman Images
Tiré des livres BOUÉES et VOLER AU-DESSUS DES TROUS de Catherine Lepage
Remerciements
John Christou
Claude Cloutier
Maxime Giroux
Eric Heigle
Elza Kephart
Anne-Claire Lefaivre
Daniel Levy
Marie-France Marcotte
Dounia Mikou
Alanis Obomsawin
Simon, Madeleine et Yvonne Rivest
Andrew Sisk
Remerciements particuliers
Iron Maiden
Dave Shack, Andrew Wyllie,
Melanie Georgiou, Delphine Nizet
et toute l’équipe à Phantom Music Management
Marek Malcuzynski
Jérôme Boiteau et Isabelle Dupéré (Studio Expression)
Stratégie principale, mise en marché
Judith Lessard-Bérubé
Gestion de projet, mise en marché
Marion Duhaime-Morissette
Coordination de la mise en marché
Emilie Ryan
Relations de presse
Nadine Viau
Conseil juridique
Christian Pitchen
ULTRA FORTE

onf.ca
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.











