PILUK
2026 | 10 min 30 s
Animation 2D, graphite et encre sur papier
Une production de l’Office national du film du Canada
Née d’une plume, la jeune Piluk marche, comme sa mère l’a fait avant elle. Durant son périple, elle offre spontanément aux personnes dans le besoin et aux animaux meurtris les plumes de ses ailes dégarnies. En quittant les paysages bruts de la toundra pour la ville de béton et de bruit, saura-t-elle encore entendre le souffle du vent qui l’a vue naître ?
Entrevue avec Elisapie Isaac et Marc Séguin
De quoi parle votre film ?
Elisapie : Le film parle du rite de passage de la jeune Piluk, d’une vie de nomade, de quête, d’un lien infaillible entre l’être humain et la nature, et de la relation entre le passé et le présent.
Marc : De l’identité, de soi, à travers une quête, un voyage, une marche, des rencontres et le temps qui passe. Et des liens invisibles qui nous lient à nos origines et à ce qu’on est véritablement.
Pourquoi avez-vous voulu raconter cette histoire ? Quel a été le point de départ ?
Elisapie : J’avais envie d’aller dans la fantaisie, de sentir qu’on peut raconter une histoire de façon fantastique, mais du point de vue d’une jeune fille qui porte une grande charge émotionnelle, tout en restant ouverte sur le monde, et qui n’a pas peur de l’aventure même en solitaire.
Marc : Pour moi, c’était l’envie de « dire », à travers l’art et son pouvoir d’évocation, des sentiments humains universels. Le point de départ, c’était l’envie de tenter une nouvelle pratique artistique et de travailler avec une amie.
Quelles étaient vos inspirations pour ce film ?
Elisapie : Ma jeunesse, mon sentiment de solitude devant la grande nature. L’histoire d’une petite fille qui a toujours rêvé de l’inconnu, mais dont les racines la lient pour toujours à son territoire et la remplissent d’une force douce et brute en même temps. Peu importe les voyages et les découvertes, finalement, nous appartiendrons à jamais à la nature.
Marc : Toute la trame narrative est inspirée d’expériences personnelles humaines et signifiantes, mises en lumière explicitement ou cachées poétiquement dans le film.
Parlez-nous du processus de création. Comment avez-vous collaboré sur cette coréalisation ?
Marc : D’abord par des allers-retours entre Eli et moi sur le scénario proposé, puis de manière plus organique et complémentaire pour la suite.
Elisapie : Je suis une grande admiratrice de Marc, qui est devenu un ami. J’ai senti en lui cette sensibilité très naturelle envers les choses qui m’interpellent : la nature, le Nord. Son regard si doux, mais aussi très franc. Les non-dits et le silence, qui sont très suggestifs, comme si on faisait, à la façon des gens du Nord, de l’art direct et contemplatif.
Comment la direction artistique et la création de l’univers visuel du film se sont-elles concrétisées ?
Marc : Le personnage est apparu avant le scénario. Le personnage d’une jeune femme, d’abord une enfant, est inspiré d’une de mes filles, qui a servi de modèle. Avec l’idée que, quand on est une jeune adolescente, rien de soi n’est tout à fait défini, bien que ce soit très esquissé. D’où le dessin « sketch » de cette identité. Incomplet, ce personnage s’est mis à vivre avec ses imperfections et à évoluer dans un décor tout aussi esquissé, ou du moins avec une économie de moyens, où « less is more », pour évoquer une forme d’humilité. Le traitement de l’univers correspond aussi beaucoup à l’univers de ma pratique artistique, autant en dessin qu’en peinture. Avec cette envie de montrer le fait main, une retenue sans artifice, de l’artisanat et une volonté d’évocation brute et simple, voire naïve. Pour faire écho aux doutes identitaires de la quête du personnage.
Pourquoi avoir réalisé un film d’animation pour raconter cette histoire ?
Elisapie : Chez nous, raconter une histoire est un acte de transmission. Cette tradition orale, qui mêle le mythe au quotidien, est le souffle vital de l’art inuit. De Kiakshuk à Annie Pootoogook, nos artistes transforment ces récits en images, portant la voix de notre culture bien au-delà de nos frontières.
À mon tour, j’ai souhaité créer une légende intemporelle en collaborant avec Marc, un artiste spécial pour qui raconter est instinctif. Grâce à l’ONF, nous faisons exister l’histoire de Piluk en conjuguant les forces de l’oralité, de l’image et du mouvement.
Marc : Je suis un artiste en arts visuels. Dessiner fait partie de ma vie. Le cinéma d’animation, avec ses possibles imaginaires, m’est apparu comme la forme d’art parfaite pour raconter une histoire de sensibilités personnelles, d’autant plus que je dessine depuis l’enfance et que, par ailleurs, je raconte aussi des histoires dans des livres, des films, des chansons, des poèmes… Ici encore, c’est un mariage heureux.
Qu’est-ce qui a été le plus gratifiant dans ce processus ?
Elisapie : J’ai beaucoup appris sur la façon d’agencer une narration à travers l’art visuel et l’animation. J’ai aussi adoré offrir ma vision artistique en tant qu’auteure-compositrice-interprète. Travailler l’aspect sonore et musical pour la bande originale a été un plaisir et un défi. Je souhaitais profondément garder une esthétique très organique qui navigue naturellement entre image et son.
Marc : Le geste de dessiner (crayon, efface, couleurs…), avec rigueur et discipline.
Quelle place occupent la musique et la conception sonore dans votre film ?
Elisapie : La musique est plus importante que je ne pouvais le penser. Le son et la musique font réellement partie du personnage : on entre dans la tête de Piluk grâce à cette trame sonore. Créer des sons qui évoquent ces grands espaces, avec une forme libre et organique, est une satisfaction pour moi. C’était nécessaire de sentir les esprits, les gens avant elle. Ceux qui lui donnent de la force, pour qu’elle ne se sente jamais seule.
Le film aborde plusieurs thèmes, mais de façon poétique. Quels sont les sujets que vous teniez à traiter ?
Elisapie : Je voulais célébrer les peines qui se transforment en beauté et en joie, les séparations ou ruptures qui nous rendent plus forts et résilients. Il s’agit d’embrasser le mouvement perpétuel de la vie, en acceptant son impermanence et son mystère.
Marc : La découverte de soi à travers le temps qui nous traverse et passe sur nous. On change tous à chaque âge, tout en ne changeant pas profondément. Peut-être s’agit-il d’accéder à ce qu’on est sans perdre toutes ses plumes ?
Le film raconte plusieurs états émotionnels vécus, allant de l’épuisement de l’esprit à la magie du rêve, en passant par l’enchantement, la désillusion d’un monde, la rédemption de soi par soi. Ça parle aussi d’avenir, de tristesse, d’art, de l’importance de trouver ses forces, de sentir et d’accepter ce qu’on est, de nature oubliée et d’une certaine nature humaine, somme toute assez universelle, de ce besoin de comprendre ce qu’on est.
Il existe un contraste marqué dans le film entre le dépouillement visuel et la saturation auditive. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Elisapie : C’est dans ce contraste que l’œuvre puise son équilibre, en laissant au spectateur tout l’espace nécessaire pour imaginer et ressentir.
Marc : C’est un choix instinctif, très intime, qui évoque l’intensité de Piluk et de sa vie intérieure.
Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent du film ?
Elisapie : J’aimerais que le film parle à leur enfant intérieur, les encourage à rechercher le beau et à solidifier leur sentiment d’appartenance. Je souhaite que ce film rappelle que la vie est un cadeau et un miracle.
Marc : Une certaine idée de beauté dans les choses imparfaites, parfois belles, parfois cruelles, de notre nature. Et, idéalement, un silence intime qui n’a pas besoin des mots.
Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Marc : Je travaille sur des œuvres d’art public pour deux villes aux États-Unis, une exposition pour New York et une autre pour Montréal, un film documentaire, le reboisement d’une forêt, un roman…
Elisapie : Je travaille sur plusieurs projets documentaires et sur l’écriture d’un album.
Affiche
Images
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Équipe
Générique
Scénarisation et réalisation
Elisapie Isaac Marc Séguin
Production
Marc Bertrand Jelena Popović
Direction artistique
Marc Séguin
Musique originale
Elisapie
Conseil à la réalisation
Parissa Mohit
Conception sonore
Catherine Van Der Donckt
Montage
Mélanie O’Bomsawin
Production exécutive
Christine Noël
Julie Roy
Production déléguée
Mélanie Boudreau Blanchard
Administration de production
Karine Desmeules
Coordination principale de production
Josiane Bernardin
Camila Blos
Noah Singer
Cheffe Animation
Parissa Mohit
Animation
Kathleen Weldon
Arash Akhgari
Assistance à l’animation
Melrouss
Assistance à la direction artistique
Nina Molto
Composition d’images numériques
Astrid Tessier
Composition d’images numériques additionnelle
Arash Akhgari
Marie-Noëlle Moreau Robidas
Direction technique
Eric Pouliot
Spécialiste technique en animation
Yannick Grandmont
Arrangements de la musique
Jean-Sébastien Williams
Interprétation
Elisapie – voix, chants de gorge
Jean-Sébastien Williams – guitare, synthétiseurs
Morgan Moore – basse
Beatrice Deer – chants de gorge
Conseil à la conception sonore
Benoît Dame
Enregistrement sonore et mixage de la musique
Geoffrey Mitchell
Mixage
Jean Paul Vialard
Montage en ligne et étalonnage
Luca Di Gioacchino
Titres
Mélanie Bouchard
Coordination technique
Lyne Lapointe
Mira Mailhot
Coordination de studio
Rose Mercier-Marcotte
Laetitia Seguin
Œuvres
© Marc Séguin / CARCC Ottawa 2025
Équipe du développement
Scénarimage
Francis Papillon
Direction de production
Keyu Chen
Animation
Parissa Mohit
Kathleen Weldon
Francis Papillon
Melrouss
Mailys Flamand
Consultation
Stéphane Calce
Remerciements
Elfy Andrade
Maurin Auxéméry
Alexandre Bacon
Julien Bidar
Gabrielle Bouchard
Kimberlee Clarke
Fondation Marc Séguin
Elsie Séguin
Stratégie principale, mise en marché
Judith Lessard-Bérubé
Gestion de projet, mise en marché
Marion Duhaime-Morissette
Coordination de la mise en marché
Emilie Ryan
Relations de presse
Nadine Viau
Conseil juridique
Peter Kallianiotis
PILUK
© Office national du film du Canada, 2026
Relations de presse
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Nadine Viau
Attachée de presse – Montréal
C. : 514-458-9745
n.viau@onf.ca
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 11 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.








