Nirilaurta : souveraineté alimentaire
2026 | 52 min 10 s
Documentaire
Inuktitut et anglais, sous-titré en français
Située sur le littoral arctique, au Nunavut, la communauté de Taloyoak s’efforce de nourrir ses familles. En raison de la hausse vertigineuse des prix à l’épicerie et du coût élevé de la chasse et des déplacements dans le Nord, l’insécurité alimentaire frappe de nombreux ménages. Nirilaurta relate l’histoire d’une communauté qui se tourne vers la culture inuit, le savoir fondé sur la terre et les liens de parenté afin d’alimenter les corps, les esprits et la solidarité de ses membres.
Synopsis long
Située sur le littoral arctique, au Nunavut, la communauté de Taloyoak fait l’impossible pour nourrir ses familles. En raison du prix prohibitif du panier d’épicerie et du coût exorbitant de la chasse et des déplacements sur le territoire du Nord, bien des ménages peinent à s’alimenter. Mais au cœur de la culture inuit, la récolte des aliments traditionnels permet de répondre depuis des générations aux besoins alimentaires des familles. Ici, le partage de la nourriture avec parents et voisins constitue un aspect essentiel de la vie : il renforce les liens et soutient quiconque manque du nécessaire.
Entremêlant des plans d’archives et des scènes actuelles du quotidien, Nirilaurta tisse une toile serrée de liens et de traditions qui met en relief le fil conducteur reliant le passé au présent de la culture inuit. La nourriture, qui rassemble les familles, les voisins et la communauté, devient l’univers d’où rayonne toute la beauté de la vie en Arctique, des repas intimes aux paysages grandioses.
En une ligne
La hausse vertigineuse du prix des aliments pousse les gens de Taloyoak, au Nunavut, à se tourner vers la culture et la communauté inuit pour resserrer les liens et nourrir leur famille.
Entrevue avec la cinéaste
Je me présente : Malaya Qaunirq Chapman. J’habite Kuujjuaq, au Nunavik, dans la partie nord du Québec, mais je suis originaire du Nunavut. J’ai scénarisé, tourné et réalisé mon premier documentaire, intitulé Nirilaurta, ce qui signifie « mangeons » en inuktitut. Il y est question de sécurité et de souveraineté alimentaires dans l’Arctique, mais je mets surtout l’accent sur une communauté du nom de Taloyoak. C’est un endroit vraiment particulier parce que les pratiques de chasse sont encore bien ancrées dans ce secteur du Nunavut.
Comment la scénarisation et la réalisation de votre premier film se sont-elles déroulées ?
Comme c’était la première fois que je scénarisais et réalisais mon propre film, il y a eu beaucoup de crises de croissance au départ. J’apprenais chemin faisant, et il y a eu des moments où je me suis dit : « Je n’ai pas la moindre idée de ce que je fais, mais je fais confiance au processus et je fais confiance à mon équipe. » Et tout a bien fonctionné, puisque le film est achevé et que je suis vraiment fière de ce que nous avons fait. J’ai beaucoup appris de ce tournage, en particulier quand nous filmions dehors, sur le territoire, à moins cinquante degrés Celsius. C’est une des choses les plus exigeantes que j’ai faites. En plus des basses températures, on a tellement de couches de vêtements, qu’il devient difficile de bouger, et il faut se mettre les doigts à découvert pendant de courtes périodes pour faire fonctionner le matériel tout en essayant de ne pas geler. Mais tout ça était très stimulant, et je suis ravie de faire découvrir ce film au monde !
Pourquoi était-il important, pour une Inuk, de raconter cette histoire ?
La cinéaste inuk que je suis veut que ce soit nous qui racontions nos histoires parce que nous avons la capacité de le faire. Nous vivons une époque passionnante et motivante pour le cinéma et pour les Inuit, parce que nous racontons enfin nos propres histoires et que nous nous affirmons. Aujourd’hui, nous disons : « C’est à mon tour, de raconter ma propre histoire. » C’est très important, parce que nous en rêvions, c’était dans notre imaginaire. Et maintenant, on se réjouit de ne plus avoir à l’imaginer, puisque nous le faisons réellement !
Et pour les gens de Taloyoak, pour les familles auxquelles nous avons parlé dans le film, ça change tout de voir une cinéaste inuk venir dans leur communauté. Une personne qui parle leur langue, qui comprend leur réalité et qui peut transmettre leur histoire avec authenticité. Je crois que j’aborde les choses avec amabilité et ouverture. Et je ne suis pas étrangère à ces communautés, parce que j’y ai travaillé auparavant pour d’autres projets de films.
Chez les Inuit, la confiance est essentielle. Beaucoup de gens viennent dans nos communautés et nous étudient sous toutes les coutures. Ils tirent de nous tout ce qu’ils peuvent, puis ils nous laissent tomber, et on n’en entend plus jamais parler. J’estimais donc particulièrement important d’obtenir la confiance générale : celle de la famille Ugyuk, celle des gardiennes et gardiens du territoire, celle des écoles et des enfants. Mon métier de cinéaste, je ne compte pas l’exercer ailleurs qu’ici. Le Nord, c’est chez moi. Les liens que je crée ici sont permanents. Et la famille est devenue bien réelle. Ces personnes sont vraiment devenues ma famille. Elles me manquent beaucoup, et nous restons en contact. C’est formidable de lire leurs messages sur les médias sociaux. Elles affichent toujours qu’elles vont chasser ou pêcher, qu’elles prennent le temps de vivre et de parcourir le territoire.
Comment les images d’archives de la vie des Inuit sont-elles utilisées dans Nirilaurta ?
Le processus de colonisation a entraîné beaucoup de changements en très peu de temps dans les communautés inuit. Je parle des changements survenus entre les gens de ma génération, qui sont nés dans les hôpitaux, et ceux de la génération de mon arrière-grand-mère, la femme qui m’a élevée : elle était née dans un igloo. Le quotidien des Inuit s’est transformé de tant de façons. Mais nous nous reconnaissons encore dans les vieilles images, nous voyons nos traditions, que nous poursuivons aujourd’hui. Et chaque fois que je regarde ces plans d’archives tirés du passé, l’avenir me vient aussi à l’esprit. Peut-être comme une façon de mieux entrevoir ce qui se dessine devant soi en regardant derrière, si l’on peut dire. On peut presque tracer la ligne d’hier à aujourd’hui. Ça clarifie les choses et ça nous aide à comprendre où nous allons.
Quand j’étais plus jeune, on présentait parfois à la télé de vieilles émissions où l’on voyait d’anciennes images des Inuit, du temps où les gens vivaient sur le territoire. J’adorais regarder ces émissions-là avec ma grand-mère. J’étais rivée à l’écran parce que c’était tellement rare de voir des Inuit à la télévision ! Surtout de voir des Inuit prospérer et vivre ensemble sur le territoire. C’était très important pour moi.
Pour Nirilaurta, j’ai vraiment aimé parcourir les archives et choisir les plans. Voir ces images me procure tellement de joie et de fierté ! L’un de mes moments préférés, durant la réalisation de ce film, a été de m’installer avec la famille Ugyuk et Simon Oleekatalik, à Taloyoak, et de regarder les documents d’archives en leur compagnie. Chaque image leur inspirait un commentaire, toujours exprimé sur le ton de la nostalgie et du souvenir. C’était extraordinaire. Et en voyant ces images, nous étions heureux et fiers des Inuit.
Qu’est-ce qui vous a amenée à vous concentrer sur Taloyoak ?
Je pense que ce qu’a fait la communauté de Taloyoak est fantastique ! Et bien d’autres communautés inuit commencent à l’imiter. Plutôt que d’attendre l’arrivée du financement, ou d’attendre qu’on fasse les choses à leur place, elles adoptent une attitude proactive. Elles vont chercher la nourriture sur le territoire pour assurer la sécurité alimentaire des leurs, comme le font les Inuit depuis toujours. Mais, en ce moment, tout coûte tellement cher que la demande est encore plus forte. Alors, lorsque les temps sont durs, elles s’efforcent de se soutenir mutuellement, et je voulais montrer que la population inuit possède ses propres solutions à l’insécurité alimentaire et qu’elle y recourt encore aujourd’hui. Tous les gens de la communauté nous ont accueillis à bras ouverts, et ce fut un plaisir de tourner et de travailler avec eux.
Quels sont les principaux facteurs qui contribuent à l’insécurité alimentaire, dans l’Arctique ?
Le prix élevé de tout représente vraiment un frein à la réussite locale. Il faut beaucoup de temps et d’argent pour que les aliments produits dans le Sud parviennent jusqu’à nos communautés. Ici, tout est donc trois fois plus cher. Le lait que vous achetez dans une épicerie canadienne du Sud passe de la ferme à l’installation de traitement, puis est transporté par camion dans les épiceries et vendu cinq dollars. Dans le Nord, le lait n’est pas simplement livré à l’épicerie, mais acheminé beaucoup plus loin : on le transporte à l’aéroport, jusqu’à un autre aéroport où on le répartit dans des avions plus petits qui vont faire la tournée des communautés pour y livrer leur chargement. Transporter ce lait d’un point A à un point B nécessite beaucoup d’étapes et beaucoup de gens, et le produit vous coûtera au moins quinze dollars. L’été, quand la glace marine a suffisamment fondu pour permettre le transport des marchandises, les navires de charge apportent les aliments secs, les conserves et les provisions pour le reste de l’année. Acheminer quoi que ce soit jusqu’ici est très coûteux. Même l’essence, les munitions, ou un bateau, une motoneige pour aller à la chasse sont si chers que bien des gens ne peuvent pas se permettre ça.
Pour nous éclairer un peu, expliquez-nous ce qu’on entend par « aliments prélevés dans la nature ».
Pour les Inuit, il s’agit de la viande qu’on n’achète pas à l’épicerie. Comme le territoire de l’Arctique est en grande partie vierge, pour nous, les aliments prélevés dans la nature sont ceux qui nous entourent. Nos animaux sont encore sains et ils vivent en liberté. Nos petits fruits peuvent être récoltés et consommés en toute sécurité. Et nous pouvons pêcher sans inquiétude dans n’importe quelle rivière. Cela signifie que notre alimentation est naturelle, biologique et saine. Et tant que notre territoire et nos animaux se portent bien, nous nous portons bien aussi.
Le premier animal que j’ai abattu était un caribou : j’ai rapporté la viande et l’ai partagée avec ma famille. Et ce moment a été l’un des plus joyeux de ma vie, parce que j’ai enfin eu le sentiment de subvenir aux besoins des autres, alors que j’avais toujours été parmi ceux et celles qui reçoivent. Mais maintenant que je pouvais chasser, j’étais en mesure de donner à mon tour à ma famille, et ça m’a vraiment comblée.
Pour moi, et j’ai l’impression que la plupart des Inuit ressentent la même chose, les aliments prélevés dans la nature ne font pas que combler l’estomac : ils nourrissent aussi l’esprit, la tête et le corps. Nous vivons dans une partie du monde particulièrement rude et parfois dangereuse, mais notre alimentation nous permet de nous développer dans cet environnement. C’est un aspect majeur de notre identité et c’est ce que je préfère dans le fait d’être Inuk : la nourriture. J’ai tellement de chance de vivre dans un endroit qui assure la subsistance de tous les gens qui y habitent !
Comment la culture inuit compose-t-elle avec l’insécurité alimentaire ?
La culture inuit repose dans une large mesure sur le partage, et cela, depuis toujours. Cette pratique est solidement ancrée dans notre culture et elle est essentielle pour nous, les Inuit, parce que, sans partage, on ne survit pas. Je suis là pour vous comme vous l’êtes pour moi. Nous nous entraidons constamment, et on se sent mieux quand on donne que quand on ne fait que recevoir. Les Inuit sont des gens très humbles, gentils et généreux, qui continuent de pratiquer le partage malgré tout ce qui se passe dans le monde.
Quels autres avantages le fait de prélever les aliments dans la nature présente-t-il ?
Le territoire de l’Arctique est particulier. Le parcourir comporte une dimension très spirituelle. Il y a là une telle clarté, une telle sérénité ; c’est magnifique. Sa puissance s’impose à nous et nous laisse sans voix. Nous allons chasser dans cet environnement qui nous entoure et dans lequel nous avons grandi. Je peux ainsi aller chercher moi-même la nourriture dont mon corps a besoin pour être aussi fort que possible physiquement et mentalement, et pour grandir spirituellement. C’est excellent pour les gens, pour leur santé, leur corps, leur tête, leur esprit d’aller chasser sur le territoire. Souvent, lorsqu’une personne se bat pour retrouver la maîtrise de sa vie ou qu’elle ressent des émotions très intenses, nous lui conseillons d’aller se défouler sur le territoire pour trouver la guérison. C’est la même chose lorsqu’on va à la chasse. Quand on abat l’animal, on le rapporte en sachant qu’on va nourrir des gens, leur apporter de la santé. On assure la subsistance des membres de notre communauté. Et le fait de savoir qu’on va partager le produit de notre chasse avec des gens qui nous importent ajoute encore à cette satisfaction.
Qui devrait voir ce film ?
Ce film s’adresse à la population inuit, afin qu’elle se voie représentée avec honnêteté et authenticité. Il s’adresse aussi aux gens qui ont des idées préconçues ou des conceptions erronées à propos de l’Arctique. Il leur faut voir le Nord du point de vue d’une Inuk et comprendre les difficultés auxquelles nous nous heurtons et les forces que nous possédons. J’ai aussi réalisé ce film pour la petite Malaya que j’ai été, parce qu’en grandissant, j’ai appris ce que c’était que d’avoir faim. Et maintenant que je suis adulte et que j’ai la capacité de réaliser des films, je me sens la responsabilité de raconter ces histoires et de faire connaître les réalités des Inuit.
Extraits
Images
Équipe
Générique
Avec la participation de
Jimmy Ullikatalik
Jeannie Ugyuk
Corrine Boisvert
Nauyaq Ugyuk
Simon Oleekatalik
Curtis Jayko
Rita Epelon
René Boisvert
Dylan Boisvert
Ont participé à la série Netsilik
Alex Ittimangnaq
Ittimangnaq
Paniniaq
Paniaq
Sidonie Niqlungayuk
Gabriel Niglugayuk
Iquraqtuq
Delarosa
Nuluq
Réalisation
Malaya Qaunirq Chapman
Coréalisatrice en développement
Marie-Hélène Cousineau
Scénario
Malaya Qaunirq Chapman
Marie-Hélène Cousineau
Production
Robert Vroom
Ariel Nasr
Production exécutive
Nathalie Cloutier
Rohan Fernando
John Christou
Direction de la photographie
Glauco Bermudez
Max Machado
Christopher Yapp
Montage
Jeremiah Hayes
Prise de son
Tobias Haynes
Conception sonore
Benoît Dame
Musique originale
Stéphanie Hamelin Tomala
Sylvia Cloutier
Production déléguée
Amanda Roy
Virginie Léger
Administration de la production
Isabelle Limoges
Leslie Anne Poyntz
Josiane Bernardin
Coordination principale de la production
Yanis Ait Mohamed
Cheryl Murgatroyd
Coordination de la production
Omorose Osagie
Coordination de l’unité de production
Jeanne Ferland
Assistance à la production
Corinne Boisvert
Colleen Tucktoo
Mixage final
Jean Paul Vialard
Montage sonore
Jérémie Jones
Benoît Dame
Bruitage
Stéphane << Caboom>> Cadotte
Assistance au bruitage
Juliette Poirier
Traduction
Janet Tamalik McGrath
Conseil à la réalisation
Courtney Montour
Roxann Whitebean
Assistance au montage
Alisa Gorokhova
Supervision de la production
Roz Power
Soutien technique au montage image
Pierre Dupont
Patrick Trahan
Albert Kurian
Coordination technique
Daniel Lord
Christopher MacIntosh
Conception graphique et effets visuels
Alain Ostiguy
Montage en ligne et étalonnage
Serge Verreault
Musique, interprétation
Piano
Stéphanie Hamelin Tomala
Voix et percussions
Sylvia Cloutie
Archives
Série Netsilik
Educational Development Corporation (EDC)
Office national du film du Canada / Archives ONF
Remerciements particuliers
Communauté de Taloyoak
Chasseurs et pourvoyeurs, Taloyoak
Jimmy Ullikatalik
Simon Oleekatalik
Gardiennes et gardiens de la terre, Taloyoak
Ian Aklar
Jorden Kikoule
John Neeveacheak
Lena Neeveacheak
Maggie Aqqaq
Nathan Mannilaq
Raymond Mammil
Saul Kootkook JR (Sonny)
Steven Ukuqtunnuaq
Tad Simon Tulurialik
Jeannie Ugyuk
Nauyaq Ugyuk
Corrine Boisvert
René Boisvert
Jeremi Boisvert
Joe Ashevak et sa famille
Janet Tamalik McGrath
Hôtel Boothia Inn
Personnel et élèves de l’école de Netsilik
Coopérative Paleajoole
Bureau de l’organisme de trappe et de chasse, Taloyoak
WWF
Garde côtière canadienne
Catherine Lacombe
Stephan King
Lea Nakonechny (Archives ONF)
Aidan Nidelet (Archives ONF)
Conseil principal, mise en marché
Jamie Hammond
Chargée de projet, mise en marché
Melissa Haughton
Coordination, mise en marché
Jolène Lessard
Relations de presse
Jennifer Mair
Conseil juridique
Christian Pitchen
© Office national du film du Canada
Relations de presse
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Jennifer Mair
Attachée de presse – Toronto
C. : 416-436-0105
j.mair@onf.ca | @NFB_Jennifer
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.















