Moon Noonk Edouard
2025 | 35 min 27 sec
Documentaire
Français, Anglais avec sous-titres français
Prix et festivals
Sélection Officielle - Short Program: Legendary LineagesImagineNATIVE Film + Media Arts Festival, Toronto (2026)
Une production de l’Office national du film du Canada
Moon Noonk Edouard est un documentaire intime, mêlant archives et reconstitutions oniriques, dans lequel la famille d’Edouard (le Géant) Beaupré se réapproprie son histoire. Jessie Ray Short, l’arrière-petite-nièce d’Edouard Beaupré, retrace le parcours du Géant à partir de son village natal de Willow Bunch en Saskatchewan jusqu’à sa mort tragique à l’Exposition universelle de Saint-Louis, puis à l’étrange voyage posthume de son corps. Mais c’est surtout un geste de réparation, au cours duquel ses proches se livrent à des récits chargés d’émotion et de mémoire pour lui rendre son identité et revendiquer son héritage michif.
En une phrase
Entre mémoire et réparation : la famille d’Edouard (le Géant) Beaupré le raconte et lui redonne sa dignité.
Entrevue avec Jessie Ray Short
D’où vous est venue l’envie de faire ce film ? Y a-t-il eu une étincelle particulière, personnelle ou artistique, qui en a marqué la genèse ?
J’ai eu la chance de travailler avec des artistes et des commissaires autochtones francophones — Guy Sioui Durand, France Trépanier, Nadia Myre — au Québec entre 2012 et 2014, et un jour, pour une raison que je ne saurais plus trop expliquer, le sujet d’Edouard Beaupré, dit « le géant Beaupré », a surgi. Étonnamment, tout le monde savait qui il était. J’ai étonné les autres à mon tour en leur apprenant que j’avais un lien de parenté avec lui. En fait, ils m’ont expliqué que le groupe Beau Dommage avait composé une chanson à son sujet, dans les années 1970, je crois, et qu’ils avaient toujours pensé qu’il s’agissait d’un Québécois francophone. Ils ont été stupéfaits d’apprendre que le géant était né et avait grandi dans l’Ouest canadien, et qu’il était aussi Autochtone. J’ai alors compris que ce que je considérais comme une anecdote familiale avait, en fait, une existence beaucoup plus vaste. En faisant des recherches plus poussées à l’âge adulte, j’ai constaté à quel point son histoire avait bien souvent été mal racontée, et cela m’a donné envie de créer un récit familial pour préserver sa mémoire. J’ai toujours su que cette histoire devait porter sur l’homme, et non sur le spectacle de sa vie et de sa mort.
Les souvenirs de famille forment sans doute le récit le plus important sur la vie et la mort d’Edouard Beaupré. Et le film s’inscrit dans une tradition orale où ses descendants le racontent à travers des histoires qui leur ont été transmises depuis des générations. Qu’est-ce qui vous importe le plus : faire connaître ces histoires ou arriver à une vérité ? La vérité est-elle encore accessible après tant d’années ? Est-elle importante ?
C’est difficile, surtout avec le temps qui a passé, de démêler la réalité de la fiction, et je pense que, parfois, l’une nourrit l’autre. Je ne crois pas à l’objectivité, même au sens scientifique. L’observateur laissera toujours filtrer une petite part de lui-même dans le récit, en dépit de ses efforts pour atteindre une « vérité objective ». Cela dit, on peut se baser sur des événements dont on sait qu’ils sont avérés et avancer à partir de là. Nous savons qu’Edouard Beaupré est né, nous savons qu’il est mort, nous savons que son corps a été conservé dans une vitrine pendant des décennies avant d’être finalement enterré en 1990. J’examine ces faits et j’essaie de les faire correspondre aux histoires que j’ai entendues, ou que j’ai moi-même imaginées à partir de mes recherches quand je n’avais pas accès aux renseignements exacts. Mais quand ces récits ne reflètent pas fidèlement la réalité, je cherche à comprendre pourquoi on a pu les formuler de cette façon. Il y a un fil conducteur, une forme de vérité qui traverse toutes ces histoires et qui a pour objectif de nous amener, nous les membres de la famille d’Edouard, nous qui nous intéressons à lui, vers une certaine compréhension.
Peu de gens savent qu’Edouard Beaupré avait des origines michifs. Vos recherches ont pourtant longuement exploré cette facette de son identité, que vous avez évoquée en entrevue comme un geste de réappropriation. Comment avez-vous abordé cette question dans le film ?
Je voulais présenter l’ascendance michif de ma famille et, par extension, celle d’Edouard, comme un faux problème. C’est simplement un fait. Ça fait partie de nous comme ça fait partie de lui. Et comme pour toute culture, il est difficile de déterminer si on fait les choses d’une certaine manière parce que c’est une façon « michif » de faire, ou simplement parce que c’est « notre » façon de faire. Je ne cherchais ni à expliquer ce que fait le peuple michif ni à le définir ; je voulais seulement montrer une famille michif qui explore l’histoire de son ancêtre à sa manière, avec certains gestes symboliques importants, qui ne sont pas forcément évidents pour tout le monde.
Pourquoi avez-vous choisi le français pour raconter votre histoire ?
Le français fait partie de l’histoire de ma famille et de la lignée d’Edouard ; avec le michif, c’est une autre composante du récit. Je pense que j’ai beaucoup de chance d’avoir appris le français quand j’étais jeune adulte, car l’histoire aurait été beaucoup moins riche si je l’avais racontée uniquement en anglais, ma langue maternelle. Je ne me doutais pas, pendant que j’apprenais le français, que cela me servirait autant dans mon travail créatif par la suite.
Le film est très émouvant. L’histoire de l’exploitation du corps d’Edouard nous touche profondément. Est-ce que vous vous attendiez à ce que la famille soit si émue ? Est-ce que le film aura été cathartique pour elle ? L’a-t-il été pour vous ?
J’ai trouvé étonnant que tout le monde soit aussi ému, et la famille aussi l’a été. Mon père a été surpris de se mettre à pleurer en parlant des funérailles, et il m’a dit plus tard qu’il ne comprenait pas d’où ces larmes venaient. J’ai ressenti la même stupéfaction chaque fois que j’ai pleuré pendant le film ; cela semblait surgir de nulle part. Je ne sais pas si l’effet a été cathartique sur le coup, mais je pense qu’il le deviendra avec le temps, au fil de nos discussions sur tout ce parcours. J’ai entendu des gens parler de traumatisme intergénérationnel et de mémoire du sang, et je me demande si nous avons affaire à quelque chose comme ça. Ces émotions, cette tristesse apparente, se sont transmises de génération en génération, sans trouver d’apaisement, jusqu’à ce qu’Edouard soit finalement enterré en 1990, puis à nouveau lorsque nous avons pu réaliser ce film et enfin prendre du recul sur tout ce qui s’était passé jusque-là. Bien sûr, les personnes qui ont vécu directement sa mort sont disparues depuis longtemps et n’ont jamais pu verser ces larmes de soulagement, puisqu’elles n’ont pas pu enterrer Edouard ni raconter son histoire de manière aussi publique. C’est donc à nous, maintenant, de le faire. Nous avons la chance de poser ces gestes de guérison, et les larmes nous viennent après des décennies. Cette douleur perdue se dépose enfin, après avoir erré pendant des générations.
Bande-annonce
Extraits
Affiche
Images
Équipe
Générique
Moon Noonk Edouard
Mon oncle Edouard
Un film de Jessie Ray Short
Réalisation et scénarisation
Jessie Ray Short
Production
Marie-France Guerrette
Christine Aubé
Production en développement
Denis McCready
Avec la participation de
Jessie Ray Short
Ray Short
Nichole Lesperance-Gellner
Cécile Gibouleau
Freda Solohub (Short)
Mike Truax
Derek R Alford
Éléonore Aubut-Robitaille
Les descendants d’Edouard Beaupré
Interprètes
Edouard Beaupré – Robert Lesperance
Enfant – Kasen Sinclair
Père de l’enfant – Timothy Lenko
Femme – Stacey Fayant
Homme – Jason Hipfner
Leola – Courtney Nickel
Étudiante 1 – Lauren Speidel
Étudiant 2 – Everet Chesney
Étudiant 3 – Braydon Cobb
Professeur d’université – Joel Sopp
Georgiana – Alyce Hamon
Jeune Nichole – Natalie Lazarou
Jeune Ovila – Keon Francis Flamont
Montage
Krystal Moss
Mélanie O’Bomsawin
Direction photo
Philippe Lavalette
Conor McNally
Jeremy Ratzlaff
Prise de son
Dmitri Bandet
Olivier Leger
Lynne Trepanier
Conception sonore
Daniel Toussaint
Musique originale
seth cardinal dodginghorse
Recherche
Claire Bourbonnais
Marika Lapointe
Jessie Ray Short
Conseil à la scénarisation
Claude Demers
Conseil à la réalisation
Candy Fox
Images additionnelles
Jean-Marc Abela
Candy Fox
Jessie Ray Short
Assistance à la caméra
Graydon Eskowich
Riley McNally
Machiniste
Matt Richmond
Projections
Kyler Wilton
Photographie de plateau
Peter Scoular
Direction de production
Doris Lapierre
Dana Lesiuk
Dianne Ouellette
Régie de plateau extérieur
Grace Haun
Distribution des rôles
Denise Séguin Horth
Conception artistique
Lady vs Machine
Chef menuiserie
Geoffrey Park
Menuiserie
Frans Lotz
Achats
Julia Gregory
Décors
Levi Mierau
Costumes
Sara Michelle McCreary
Joanna Vollhoffer
Assistance aux costumes
Bryce Lacombe
Pochette d’objets spirituelle
Paulete Poitras
Propriétaire du cheval
Lee Cayer, Eagle Spirit Ranch
Entraînement échasses
Mookie McGuinty
Soutien technique au montage image
Pierre Dupont
Albert Kurian
Patrick Trahan
Traduction
Charlotte Selb
Studio Bruno Moynié
Coordination versions et accessibilité
Sylvie Azoulay
Graphisme
Meky Ottawa
Titres et effets visuels
Alain Ostiguy
Mélanie Bouchard
Montage en ligne et colorisation
Luca Di Gioacchino
Narration
Jessie Ray Short
Enregistrement de la narration
Emmanuel Bariteau, PMT
Bruitage
Lise Wedlock
Enregistrement du bruitage
Geoffrey Mitchell
Mixage
Isabelle Lussier
Reconstitutions tournées sur place au John Hopkins Regina Sound Stage
Merci à
Jasek Antonishyn
Juniper Antonishyn
Frank Michel
Taira Short
Kelsey Short
Zac Short
Denis Lesperance
Claire Lesperance
Nichole Donnelly
Suitaakii “Rezinbabe”
Missy LeBlanc
Raphaële Frigon
Willow Bunch Museum & Heritage Society
St. Ignace Church, Willow Bunch
Ociciwan Contemporary Art Centre
Creative Saskatchewan
1904 World’s Fair Society
The Missouri History Museum
City of St. Louis, Missouri
Pour l’Université de Montréal:
Éléonore Aubut-Robitaille,
Josée Bastien, Alain Charbonneau,
Julie Cordeau-Gazaille, Marc Drolet,
Ulysse Hudon, Tara Landry,
Sophie Langlois, Amélie Philibert,
Mylène Tremblay
Archives visuelles
Alamy
Archives La Presse
Archives de l’Université de Montréal
The Bangor Daily News
BAnQ
The Buffalo News
The Butte Times
The Butte Weekly Miner
Canadian Medical Association Journal
CBC Archive Sales
City of St. Louis
The City of Toronto Archives
Circus World-Wisconsin Historical Society
Conrad Poirier
Detroit Free Press
The Evening Republican
The Globe and Mail
Getty Images
Gordon Johnston, Artist – It Happened In Canada
The Great Falls Leader
Great Falls Tribune
Jackie Fleming
Jessie Ray Short
The Leaf-Chronicle
Library of Congress
Max and Shara Storm
Missouri Historical Society
The Montana Daily Record
Moose Jaw Public Library
The Portsmouth Star
Provincial Archives of Saskatchewan
Regina Leader-Post, a division of Postmedia Network Inc
The San Francisco Call and Post
Spokane Chronicle
St. Louis Post-Dispatch
St. Louis Public Library
Times Union
Willow Bunch Museum & Heritage Society, Inc
Libération des droits
Marika Lapointe
Conseil juridique
Julie Patry
Relations de presse
Sophie St-Pierre
Conseil principal – mise en marché
Laurianne Désormiers
Gestion de projet – mise en marché
Geneviève Bérard
Coordination – mise en marché
Michelle Rozon
Administration de production
Karine Desmeules
Sia Koukoulas
Coordination principale – administration
Brenda Nixon
Coordination de studio
Stéphanie Lazure
Coordination principale de production
Lucia Gauvreau Corak
Audrey Rétho
Sara Sajedi
Coordination de production
Adriana-Camille Sanchez-Sanfaçon
Calvin Serutoke
Coordination technique
Jean-François Laprise
Daniel Lord
Production déléguée
Geneviève Duguay
Amanda Roy
Alexandrine Torres de Figueiredo
Production exécutive
Nathalie Cloutier
Tourné en Saskatchewan (Regina et Willow Bunch),
sur le territoire visé par le Traité no 4,
les terres traditionnelles des peuples Cris, Dakotas, Dénés, Lakotas, Nakotas et Saulteaux,
ainsi que sur la terre d’attache de la Nation métisse.
Tourné sur place à Tiohtià:ke (Montréal), au Québec, sur des terres autochtones non cédées
sous la garde de la Nation Kanien’kehá:ka (Mohawk),
qui accueillent également de nombreuses autres nations.
Tourné à St. Louis, Missouri sur les terres des nations Osage, Kaskaskia, Kiikaapoi, et d’autres tribus.

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Relations de presse
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Sophie St-Pierre
Attachée de presse, ONF
Cell. : 438-336-6449
s.st-pierre@onf.ca
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.








