Mesdames et Messieurs, Brian Mulroney
2026 | 105 min
Long métrage documentaire en six épisodes
Anglais et français
Une production de l’Office national du film du Canada
Le politicien canadien le plus grandiose de l’histoire de l’univers.
Il était une fois, à Baie-Comeau, l’apparition d’un être d’exception. Voici l’ascension d’un politicien au charme messianique, le très honorable Brian Mulroney.
Synopsis
Synopsis court
Il était une fois un p’tit gars de Baie-Comeau, flamboyant et modeste, dont le parcours raconte une histoire improbable — le rêve d’un Canada progressiste-conservateur. Un être au charme incomparable, parfaitement bilingue, qui, au lendemain du référendum de 1980, promet l’impossible : réconcilier le pays en scellant à jamais son unité. Avec ce film d’archives psychédélique, l’illustre propagandiste Matthew Rankin réinvente l’ascension fabuleuse d’un homme né pour être le 18e premier ministre du Canada. Mesdames et Messieurs, Brian Mulroney.
Synopsis long
Dans un Canada jadis fragmenté apparut un héros bien de chez nous. Fils d’ouvrier, il rêvait déjà de réconciliation nationale et de responsabilité fiscale. Devenu le plus charismatique politicien progressiste-conservateur de l’histoire du Canada, Brian Mulroney promit l’impossible : unifier le pays, afin que jamais plus il ne soit divisé.
Grappillant parmi la somme étourdissante de 80 132 fragments d’archives, Matthew Rankin compose un collage maximaliste unique, transmettant une vision hallucinée qui mélange récit historique et glitch télévisuel. Multipliant les procédés d’animation et les textures audiovisuelles — du collage 16 mm aux abstractions VHS — jusqu’à la quasi-saturation sensorielle, le cinéaste transforme l’austère en exaltant. À la fois moqueuse et bon enfant, sa fascination insolite pour le p’tit gars de Baie-Comeau s’y révèle absurdement contagieuse.
En résulte une œuvre jouissivement hétérodoxe, qui revisite l’ascension du 18e premier ministre du Canada et renoue avec l’essence du personnage : son sens inné du spectacle. La mythologie canadienne n’a jamais été aussi délirante. Voici l’histoire d’un homme d’État né pour être protagoniste.
En une phrase
Le risque n’a jamais été aussi beau…
Vous aussi, vous deviendrez mulromaniaques.
Mot du réalisateur
J’aimerais commencer en affirmant que Brian Mulroney est pour moi une personne absolument fascinante. Ce film n’est pas l’hagiographie de St-Brian-de-Baie-Comeau, mais pas non plus la démolition idéologique de l’homme. Vous pouvez mettre cela sur le compte de mon éducation à Winnipeg, mais j’appréhende le monde par l’ironie, et un sceptique n’a pas grand-chose à offrir aux personnes vraiment croyantes. Je suis attiré vers Mulroney parce qu’il était premier ministre quand j’étais jeune et pour le phénomène cinématographique qu’il représente : c’est son personnage télévisuel que j’ai connu en premier, comme la plupart des gens sans doute.
Ce qui émerge des milliers d’heures de séquences de nouvelles et de propagande en lien avec Mulroney que j’ai écumées, c’est la puissance télévisuelle d’un homme incroyablement charismatique à l’ambition presque vindicative, capable de se montrer fourbe et même impitoyable (c’est aussi ça, la politique). Il est le seul à évoluer avec autant de naturel entre les deux solitudes canadiennes, notoirement repliées sur elles-mêmes et, par-dessus tout, il est un génie politique d’une intelligence remarquable.
Ne vous méprenez pas : même si j’aime sincèrement l’homme, je ne voterais toujours pas pour lui. Je ne suis pas de tendance conservatrice, mais je n’aime pas davantage les films à visée idéologique, quels qu’ils soient, qui cherchent à dicter aux gens quoi penser. Il n’en demeure pas moins que nous sommes aujourd’hui face à un sérieux examen de conscience du conservatisme, de plus en plus poussé à sa forme extrême. Avec le recul que nous avons en 2026, la génération aujourd’hui tombée dans l’oubli des progressistes-conservateurs — de John Diefenbaker à Robert Stanfield en passant par Joe Clark — semble presque appartenir à une autre planète lorsqu’on les voit défendre sans détour les institutions publiques, la justice sociale et la protection de l’environnement. C’était un univers bien éloigné du conservatisme actuel, infiniment plus idéologique, plus belliqueux et marqué par une logique du chacun pour soi. Mais à bien des égards, la coalition politique que Brian Mulroney a su rallier avec conviction et habileté en 1984 constitue un tournant décisif dans l’évolution du conservatisme au Canada et dans la façon même dont on en conçoit le sens.
Un dernier mot sur le langage cinématographique. En ravivant la tradition longtemps délaissée du documentaire politique à l’ONF, Mesdames et messieurs, Brian Mulroney utilise les outils du cinéma de genre, de la satire et de l’abstraction expérimentale pour construire un argumentaire historique. Mes premiers films étaient des expériences de pellicule récupérée (found footage) réalisées à partir de publicités télévisées bizarres de Winnipeg, et tous mes films comportent une part de collage, tant sur la forme que sur le fond. Le spectateur peut en ressortir avec un sentiment de doute quant à ce qu’il voit, et j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour susciter cela. Même lorsque des historiens universitaires sans humour tentent de synthétiser la chronologie brute du passé pour l’agencer de façon cohérente, avec un début, un milieu et une fin, il s’agit, par nature, d’une opération artistique. J’aime donc être clair à ce sujet : je suis un artiste, pas un comptable agréé, et afficher sans vergogne les artifices cinématographiques au lieu de les dissimuler est ma façon d’accéder à la vérité. La malice est de mise.
Inspirations : Mordecai Richler, Arthur Lipsett, Soda Jerk, Donald Brittain, Pierre Falardeau, Jacques Godbout, Pierre Berton, Craig Baldwin, Negativland, Racer Trash, Parcs Canada, Evelyn Lambart, Roman Kroitor, Liberace, John Ford, Gottschalk + Ash.
Images
Équipe
Générique
Réalisation et scénarisation
Matthew Rankin
Production
Pierre-Mathieu Fortin
Production exécutive
Nathalie Cloutier
Production déléguée
Mélanie Lasnier
Production des archives
Marika Lapointe
Direction de la photographie (reconstitutions)
Alexandre Lampron
Montage
Matthew Rankin
Musique originale
Christophe Lamarche-Ledoux
Conception sonore
Sacha Ratcliffe
Effets visuels
Adrian Replanski
Effets vidéo
Robert Feulner Quiñones
Titres
Galen Johnson
Animation
Adrian Replanski
Galen Johnson
Matthew Rankin
Animation additionnelle
Alexandre Roy
Mettant en vedette
Brian Mulroney
Joe Clark
Pierre Elliott Trudeau
John Diefenbaker
René Lévesque
Lucien Bouchard
John Turner
Mila Mulroney
Maureen McTeer
Robert Stanfield
Dalton Camp
Heward Grafftey
John Crosbie
Roch La Salle
Relations de presse
-
Sophie St-Pierre
Attachée de presse, ONF
Cell. : 438-336-6449
s.st-pierre@onf.ca
-
L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.


