Je ne t'aime plus
2026 | 9 min 53 s
Animation 2D
Version française
Une production de l’Office national du film du Canada
Dans un motel aux chutes Niagara, un couple sans histoire tente de vivre une escapade romantique. Mais, au fil des jours, ces vacances menacent de se transformer en solide douche froide. Je ne t’aime plus explore, avec humour et aplomb, les signes que l’on choisit d’ignorer pour maintenir une relation en vie.
SYNOPSIS LONG
Une escapade romantique aux chutes Niagara ne tourne pas comme prévu. Entre attractions touristiques et malaises en série, le voyage met en lumière l’asymétrie affective d’un couple sans histoire. Ce court métrage d’animation dissèque avec un humour noir et un ton pince-sans-rire les mécanismes de l’aveuglement volontaire en amour.
Le dernier court métrage de la bédéiste et cinéaste Diane Obomsawin (J’aime les filles, Ici par Ici) est une véritable carte postale animée, peuplée de personnages attachants, de décors kitsch et d’astucieux clins d’œil aux films noirs.
EN UNE PHRASE
Quand un homme en quête de validation et une femme en quête d’air frais partent en escapade romantique, les chutes Niagara deviennent le décor de malaises et de non-dits.
Entrevue avec Diane Obomsawin
Où avez-vous trouvé l’inspiration pour ce film et pour ses personnages délicieusement attachants?
L’idée de ce film m’est venue à la suite d’un cauchemar que j’ai fait après une courte relation amoureuse déséquilibrée.
La psychologie des personnages est inspirée de ma vie personnelle. À l’époque, je me reconnaissais davantage dans les traits de caractère de l’homme de cette histoire. C’est d’ailleurs ce qui a provoqué ce cauchemar. Cela a été comme une douche froide.
Je voulais effectivement que les personnages soient attachants et ordinaires. Leur façon de s’habiller est très simple. J’ai eu beaucoup de plaisir à imaginer leurs vêtements de tous les jours, leurs maillots de bain et leurs pyjamas. Ils sont aussi un peu rondelets. Je voulais donner l’impression que ce serait confortable si on les prenait dans nos bras.
Pourquoi avoir situé l’action du film aux chutes Niagara ?
J’ai lu La dramaturgie, d’Yves Lavandier, avant de commencer l’écriture du scénario de mon film. Lavandier suggérait aux cinéastes, lorsque le scénario s’y prête, de situer l’action de leur film dans un lieu marquant. J’ai immédiatement pensé au film Niagara, avec Marilyn Monroe et Joseph Cotten. Je ne me souvenais plus vraiment de l’histoire de ce film, que j’avais vu il y a longtemps, mais le lieu m’avait profondément marquée, comme si les chutes en étaient le personnage principal.
Vous décrivez ce film comme le plus cinématographique de votre parcours jusqu’à présent. Pouvez-vous nous parler de vos intentions et des stratégies de mise en place pour arriver à ce résultat ?
J’aimais dire, à la blague, que je faisais du théâtre d’animation. Il n’y avait aucun mouvement de caméra dans mes films précédents.
Comme l’histoire de mon nouveau film est de nature psychologique, j’avais envie, cette fois-ci, de jouer avec les codes propres au cinéma.
J’ai demandé à Michel Grou, un monteur plus habitué au cinéma en prises de vues réelles, de réaliser un premier montage à partir des images fixes de mon storyboard. Cela a été très bénéfique sur le plan cinématographique. Une fois le film terminé, Michel est revenu pour en faire le montage final.
La musique de Judith Gruber-Stitzer a également été déterminante. Elle évoque les grands films à suspense des années 1950 et crée un contraste entre le caractère grandiloquent de la musique et la banalité presque risible des personnages.
Je suis aussi assez contente d’avoir animé un dolly zoom — appelé « travelling contrarié » en français — inspiré du film Vertigo, d’Alfred Hitchcock.
Le film aborde la dynamique de couple, et plus spécifiquement la propension humaine à ignorer les signaux d’alerte dans les relations. Quel est votre point de vue à ce sujet ? Est-ce un thème qui résonne personnellement pour vous ?
Oui, je pense sincèrement que la propension humaine à ignorer les signaux d’alerte dans les relations amoureuses nous joue souvent de mauvais tours. En ce sens, les cauchemars peuvent être très utiles (rires).
Le film semble s’inspirer de certains films noirs ou de classiques du cinéma. Pouvez-vous nous parler de vos influences cinématographiques ?
Il y a un très grand nombre de cinéastes que j’aime. Dans mon dernier film, il y a quelques micro-clins d’œil à certains classiques du cinéma. D’abord, au film Mon oncle, de Jacques Tati, dès l’ouverture. Il y a aussi une référence au film North by Northwest, d’Alfred Hitchcock.
Toutefois, c’est surtout au film Niagara, de Henry Hathaway, que j’ai pensé. Le couple de mon film partage la chambre B, tout comme les personnages interprétés par Marilyn Monroe et Joseph Cotten. C’est aussi un extrait du film redessiné qui joue à la télévision dans la chambre de mon couple. Marilyn Monroe se retrouve donc avec le même gros nez que mes personnages !
Vous évoluez entre la bande dessinée, l’illustration et le cinéma. Pouvez-vous nous parler des défis propres à l’animation et de la manière dont vous choisissez le support le plus approprié pour chaque histoire ?
En général, la longueur de l’histoire que je souhaite raconter influe sur le choix du support le plus approprié. En même temps, je pense qu’à peu près tout peut être transposé d’un support à un autre.
Par exemple, au départ, Kaspar était une bande dessinée. Pour la version film, il a fallu condenser l’histoire. J’avais l’impression de transformer le récit en une sorte de haïku. Au final, ce film ce n’est pas du tout une bande dessinée en mouvement : c’est un tout autre objet. Ce que j’ai perdu en détails par rapport à la bande dessinée, je l’ai gagné en émotion grâce au travail sur les décors, le mouvement, la voix de Kaspar et la musique.
Pour Je ne t’aime plus, c’est différent. Ce film vient d’un rêve assez court. J’ai pris l’habitude de noter mes rêves et j’essaie toujours d’en conserver uniquement l’essence. Ce qui m’avait attirée dans celui-ci, entre autres, c’est qu’il était semblable à un film. Les flashbacks étaient déjà présents dans mon rêve. J’ai d’abord adapté ce rêve en bande dessinée — qui s’intitulait au départ Le déni — avant de le transposer en film. Contrairement à Kaspar, le passage de la bande dessinée au film relevait davantage de l’expansion que de la condensation.
Votre style d’illustration et d’animation est très reconnaissable. Comment le décririez-vous, sur le plan tant esthétique que technique?
Je ne suis pas une spécialiste de la technique et je ne sais pas faire des dessins réalistes. En revanche, j’aime transformer cette limite en atout. Il est avantageux pour moi de rester dans une grande simplicité, du point de vue tant technique que du style de dessins.
Curieusement, l’esthétique de mes personnages s’impose d’elle-même, indépendamment de ma volonté. Il existe une catégorie de cinéastes d’animation doués pour adapter leur style de dessins en fonction du film à réaliser. Ce n’est pas mon cas. Ce sont plus ou moins les mêmes personnages qui se retrouvent d’un film à l’autre.
C’est un peu comme si je demandais toujours aux mêmes actrices et aux mêmes acteurs de jouer dans mes films, parce que je les aime et que je leur fais confiance.
Parlez-nous du design de ce dernier film : du minimalisme des personnages aux choix de couleurs, en passant par les décors et les costumes kitsch pleinement assumés
J’ai fait beaucoup de recherches avant de commencer mon film. J’ai collectionné une grande quantité d’images de motels, de chambres d’hôtel et de vêtements des années 1950. J’ai également rassemblé de nombreuses images vintage des chutes Niagara. Pour la création des personnages et des décors, tout s’est ensuite mis en place assez naturellement, peut-être parce que j’étais alors complètement imprégnée de ces images.
Vous vous êtes entourée de collaboratrices de grand talent, notamment l’animatrice Janet Perlman, la compositrice Judith Gruber-Stitzer ainsi que la scénariste et romancière Francine Tougas.
C’est une grande chance d’avoir pu travailler avec ces trois créatrices de talent. C’était comme rouler en Bugatti !
Francine Tougas, la conseillère en scénarisation, m’a aidée à dénouer les nœuds narratifs et à trouver des solutions pour assurer une bonne compréhension du récit.
Janet Perlman a animé les dessins intermédiaires pour assurer la fluidité de l’animation et elle m’a fait plusieurs suggestions pour les mouvements des personnages, ce pour quoi elle possède un talent inné.
Judith Gruber-Stitzer a commencé par créer les effets sonores. Ensuite, sachant que mon intention était de réaliser un film inspiré du film noir Niagara, elle a eu la brillante idée de plaquer l’introduction musicale de ce film sur le mien afin de vérifier si ce type de musique convenait bien. Nous avons éclaté de rire devant le contraste entre le caractère grandiloquent de cette musique et la naïveté des personnages. Afin d’obtenir cet effet orchestral, Judith devait engager un grand nombre de musiciens (13 musiciens/musiciennes et 2 chanteurs/chanteuses !) et l’ONF nous a suivies dans cette décision.
MOT DE LA RÉALISATRICE
L’histoire de ce film vient d’un rêve, ou plutôt d’un cauchemar que j’ai fait il y a quelques années.
Ce cauchemar a provoqué une prise de conscience radicale face à une situation que j’ai vécue dans une relation amoureuse déséquilibrée, où je refusais de voir que l’être aimé ne m’aimait pas autant que je l’aimais. Je m’efforçais alors d’être toujours plus aimable et conciliante, dans l’espoir d’être plus aimée.
Pourtant, un tel comportement produit souvent l’effet inverse parce qu’il révèle un manque de respect envers soi-même.
Heureusement, ce cauchemar m’a permis d’éviter de devenir comme l’homme pathétique de cette histoire.
Si je peux en parler ici sans pudeur, c’est que nous sommes nombreux à porter ce trait de caractère. D’ailleurs, il existe à ce sujet un best-seller intitulé Cessez d’être gentil, soyez vrai.
J’ai bon espoir que mon film trouvera une résonance auprès de certaines personnes. Pour quelques-unes, cela aura peut-être le même effet que celui que ce cauchemar a eu sur moi. De plus, presque tout le monde a déjà vécu la souffrance de ne plus être aimé ou celle de ne plus aimer. Il sera donc facile de s’identifier à l’homme ou à la femme.
Diane Obomsawin
Extraits
Contactez l’attachée de presse de l’ONF pour obtenir des extraits de qualité télévisuelle.
Images
En coulisses
Contactez l’attachée de presse de l’ONF pour obtenir des images en haute résolution destinées à l’impression.
Équipe
Générique
Scénarisation, réalisation, animation
Diane Obomsawin
Production
Marc Bertrand
Christine Noël
Musique originale et conception sonore
Judith Gruber-Stitzer
Conseil à la scénarisation
Francine Tougas
Animation additionnelle
Janet Perlman
Montage
Michel Grou
Avec les voix de
Guillaume Lambert (Lui et guichetier)
Catherine Trudeau (Elle et serveuses)
Anglesh Major (Docteur)
Direction du plateau
Johanne Garneau
Direction de casting
Maxime Giroux
Production exécutive
Christine Noël
Julie Roy
Production déléguée
Mélanie Boudreau Blanchard
Anne-Marie Bousquet
Administration de la production
Karine Desmeules
Coordination principale de la production
Josiane Bernardin
Camila Blos
Noah Singer
Direction technique
Eric Pouliot
Spécialiste technique en animation
Yannick Grandmont
Technicienne au soutien à la production
Mélissa Rousseau
Création d’environnements 3D
Christian Bélanger
Montage en ligne et étalonnage
Serge Verreault
Musiciens / Musiciennes
Jordan Officer – Guitare
Alexander Walkington – Basse
Dominique Messier – Batterie
Mélanie Bélair – Violon
Vanessa Marcoux – Violon
John Corban – Violon
Uliana Drugova – Violon
Ligia Paquin – Alto
Sheila Hannigan – Violoncelle
Jennifer Bell – Instruments à vent
Samuel Blais – Clarinette et saxophone ténor
David Grott – Trombones
William Maher – Trompette
Arrangements
Judith Gruber-Stitzer
David Gossage
Orchestrations
Étienne Lacasse
Felipe Tellez
« I Love You Still »
Musique : Judith Gruber-Stitzer
Paroles : Diane Obomsawin
Interprétation : Judith Little-Daudelin et François Ouimet
Bruitage
Monique Vézina
Enregistrement sonore
François Arbour – Studios Piccolo
Geoffrey Mitchell
Montage des dialogues
Shelley Craig
Mixage
Isabelle Lussier
Coordination technique
Lyne Lapointe
Mira Mailhot
Coordination d’unité
Mathilde Chamussy
Rose Mercier-Marcotte
Laetitia Seguin
Remerciements
Claude Cloutier
Natalie Hamel-Roy
Michèle Lemieux
Frédéric de Mont-Marin
Marie-Hélène Montpetit
Stratégie principale, mise en marché
Judith Lessard-Bérubé
Gestion de projet, mise en marché
Marion Duhaime-Morissette
Coordination de la mise en marché
Emilie Ryan
Relations de presse
Nadine Viau
Conseil juridique
Peter Kallianiotis
JE NE T’AIME PLUS

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Attachée de presse – Montréal
C. : 514-458-9745
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.













