Gai savoir
2026 | 9 min 40 s
Techniques d’animation hybrides (animation numérique 2D, animation sur verre, aquarelle)
Version anglaise avec sous-titres français
Prix et festivals
Sélection officielle – Canadian PanoramaFestival international du film d’animation d’Ottawa, Canada (2026)
Une production de l’Office national du film du Canada
Fresque maximaliste de la vie queer contemporaine — tous les textos ignorés, toutes les trouvailles de friperie, tous les fards à paupières, tous les raves, tout le chaos, tous les gais qui en savent trop.
SYNOPSIS LONG
Gai savoir est un bien-cuit affectueux de la culture queer. Ce court métrage d’animation enchaîne avec fluidité une série de vignettes interconnectées — de la présence en ligne aux amours bien réelles, en passant par les friperies et les dancefloors, sans oublier les saunas. Rendu par des coups de pinceau expressifs, le récit se déploie dans des conversations franches, portées par des répliques incisives et des monologues intérieurs empreints de vulnérabilité. Au cœur du film se trouvent la tendresse et les tensions de l’identité gaie moderne : derrière une multitude de phrases choc pleines d’esprit, l’âme crie.
Entrevue avec Dylan Glynn
LE SUJET
Pour ceux qui ne l’ont pas vu, de quoi parle votre film?
Gai savoir est un portrait de la vie gaie contemporaine. Les espaces queer sont mis en parallèle avec différentes facettes du discours gai contemporain, le tout ayant pour fil conducteur le déroulement traditionnel d’une fin de semaine gaie.
Parlez-nous des différents personnages du film, qui sont à la fois des archétypes, mais aussi des personnages complexes et vulnérables.
Même s’ils ne sont pas nommés dans ce court métrage, on peut dire qu’il y a cinq personnages clés (par ordre d’apparition) : le militant pour la justice sociale qui passe son temps en ligne, le gars hot inaccessible, le gai générique plutôt masculin et parfois drôle, le chérubin cute, et, enfin, la femme féroce, extraterrestre déchue.
Parlez-nous des lieux dans le film : pourquoi sont-ils importants pour la communauté et que représentent-ils pour vous?
J’adore cette question !
Les grandes friperies, ce sont les centres communautaires, un tiers-lieu où des personnes qui partagent des affinités se rencontrent et échangent. Les saunas sont des espaces de réalisme magique qui relient les rituels gais intemporels aux idéaux de beauté antiques. Le club est un espace ambigu, chargé d’émotions intenses et de possibilités ; une substance illicite sous forme spatiale. La plage nudiste/gaie est le seul espace extérieur traversé par la lumière du jour ; elle représente un espace de sécurité et de guérison.
Je veux aussi signaler la présence de l’espace numérique, un espace dissonant, artificiel et nuisible, source d’anxiété, caractérisé par la douce lueur bleue des écrans DEL.
LA TECHNIQUE
Vous juxtaposez un style numérique contemporain à une esthétique picturale inspirée de l’histoire de l’art (on sent des influences de statues grecques antiques ou de peintres classiques comme Henri Matisse). Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez eu recours à ces deux esthétiques a priori opposées ?
Les médias traditionnels et numériques présentent en effet des esthétiques apparemment opposées. Ils ont des tonalités émotionnelles, des forces et des faiblesses qui, intrinsèquement, les distinguent.
Les médias traditionnels ont une beauté esthétique qui met en valeur les récits émotionnellement sincères ; il existe un lien très fort entre le support matériel et le sentiment d’authenticité qui est véhiculé. À l’inverse, les médias numériques sont plus froids (ce qui leur permet d’être « cool »), durs, nets, polis et, à mon avis, particulièrement efficaces pour transmettre l’ironie.
Que ressent le public quand il voit une image générée par ordinateur qui sent l’imperfection humaine ? … J’espère qu’il rit.
J’utilise des esthétiques opposées parce que je veux profiter du meilleur des deux mondes : avoir le beurre et l’argent du beurre.
Quels sont les techniques d’animation et les défis artistiques que vous avez explorés pour ce film ?
Peindre sur du verre représente un immense défi technique, c’est un travail lent, chronophage et physiquement exigeant — en plus, je peignais debout, penché au-dessus du verre. Un autre défi majeur de ce film a été d’assurer la continuité des personnages. Ceux-ci changent de lieu, de contexte et de tenue tout au long du film ; on a donc déployé beaucoup d’efforts pour aider le public à reconnaître les personnages qui avaient déjà été vus et entendus dans le film.
Les mouvements des personnages sont remarquables et donnent l’impression d’un ballet animé contemporain. Quel est votre secret pour concevoir et chorégraphier ces actions ?
J’adore cette remarque ! J’ai un penchant pour la danse et l’acrobatie depuis l’enfance. De 12 à environ 17 ans, j’ai pratiqué la gymnastique, ce qui explique, je crois, le caractère physique très marqué de mes personnages. Lors de mes études de baccalauréat, on insistait beaucoup sur le dessin de modèle vivant, ce qui m’a permis, en tant que personne naturellement inspirée par la danse, de m’exercer davantage aux dessins de gestes.
LE MESSAGE
Le film met en lumière des questionnements liés au genre au sein même de la communauté gaie, notamment cette dualité entre une présentation plus féminine et une présentation plus masculine. Pourquoi souhaitez-vous aborder ce sujet ?
Il me semblait naturel de chercher à saisir cette dualité au sein de la culture gaie, tant elle est présente et déterminante dans les dynamiques sociales et sexuelles entre hommes gais.
Il était important pour moi d’intégrer au film la précarité de l’identité non binaire. C’est un sujet et un concept si vaste, à certains égards, et tellement chargé de sens, qu’il mérite de la nuance et de l’honnêteté. J’avais l’impression de pouvoir apporter un petit quelque chose à ce débat dont on entend peu parler, mais que beaucoup d’entre nous, je crois, pensent et ressentent.
La scène mémorable d’ouverture est une habile parodie du monde de l’art avec tout le jargon intellectuel et les questions identitaires contemporaines. Que vouliez-vous dire avec cette scène?
J’essaie de montrer que lorsqu’on insiste seulement sur le fait de « dire ce qu’il faut », on risque de ne rien dire du tout. Le reste du film souhaite montrer des personnes queer qui expriment des choses difficiles à dire en public, voire à dire tout court. Des choses qui ne se sont pas « polies », et qui ne correspondent pas à des mots-clics « woke ».
LE TON
Le film semble être un hommage mais aussi un bien-cuit adressé à la communauté gaie, dont vous faites partie. Parlez-nous de ce ton bien particulier, et avez-vous peur de heurter certaines sensibilités?
Comme le sous-entend votre question, le film adopte un ton principalement comique. Ce « ton très particulier » est conscient de lui-même, ironique, et plutôt ludique. Les personnages disent les choses taboues avec authenticité, portés par le sentiment de sécurité qu’offrent les amitiés profondes. J’ai vraiment essayé de trouver l’équilibre sur la corde raide de l’irrévérence quand il est question de ces enjeux sociaux, scrutant le scénario et les images constamment, jusqu’à me sentir aussi confiant que possible dans chaque choix.
Parlons du langage du film : les expressions utilisées sont propres à une certaine démographie (de jeunes personnes qui passent leur temps en ligne) et composent une sorte de poésie queer des temps modernes. Pourquoi avoir choisi ce langage et ce débit rapide, au risque que certaines personnes ne saisissent pas l’entièreté du dialogue?
Le choix d’écrire et de mettre en scène les dialogues du film de cette manière découle de la façon dont je m’exprime dans le « vrai » monde gai, que je caricature pour les besoins du film.
Les dialogues et leur interprétation visent à refléter l’une des facettes de notre humour au sein de la communauté gaie (qui, bien entendu, n’est pas monolithique).
Je pense qu’il est très important de pousser jusqu’au bout un choix artistique tel que l’utilisation d’un langage vernaculaire presque dialectal propre à l’humour gai. Présenter cette culture et ce langage sans faire de compromis est le meilleur moyen pour que les gens apprennent et comprennent cette « poésie queer moderne », parce que tout est replacé dans son contexte et, pour revenir à la dernière question, parce que le ton est mis en évidence. Je suis de plus en plus convaincu que les gens comprennent davantage par le ton que par les mots eux-mêmes.
Vous avez choisi de prêter votre voix à certains personnages. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
Je prête ma voix à Lune en poisson, ce personnage aux cheveux bleus constamment en ligne qui milite pour la justice sociale, présent dès la première scène, ainsi qu’à Drie, le deuxième personnage principal à la peau bleue. Le fait d’incarner ces personnages me rassurait, puisqu’ils reflètent mes propres expériences ; j’ai donc eu le sentiment de pouvoir m’approprier tout ce qu’ils disent.
Pour Lune en poisson, l’enregistrement retenu est en fait un très vieil enregistrement, réalisé avant même que le film entre en préproduction. Nous avons beaucoup aimé les petites imperfections qu’il contenait, ainsi que son énergie brute et naturelle.
L’une des principales raisons qui m’ont poussé à prêter ma voix à Drie est la spirale de rage en spoken word dans les bains publics de l’Antiquité. J’avais une vision très, très précise de son interprétation, et j’ai trouvé ça plus simple de m’en charger moi-même.
LA PRATIQUE ARTISTIQUE
Quelle est votre plus grande fierté par rapport à ce film?
De l’avoir terminé (rires). Mais, honnêtement, j’ai vraiment mis dans ce film plus d’efforts que ce qu’il est possible d’exprimer avec des mots. En réfléchissant à votre question, je me rends compte que j’ai espoir que ma plus grande fierté concernant Gai savoir est encore à venir, quand le film aura finalement rencontré son public.
Comment cette nouvelle œuvre s’inscrit-elle dans votre parcours artistique multidisciplinaire et dans votre filmographie ?
Ce film est sans aucun doute l’œuvre la plus importante et la plus ambitieuse de ma carrière. Le seul autre projet qui me semble comparable est mon livre pour enfants Rain Boy, publié chez Chronicle Books. Ces deux projets allient une véritable démarche d’auteur à une grande liberté créative, toutes deux soutenues par des ressources et un accompagnement digne d’une production commerciale.
Gai savoir est en grande partie la synthèse de tous les courts métrages d’animation que j’ai réalisés auparavant, tout en puisant dans les centaines, voire les milliers de peintures et de dessins que j’ai créés au cours de ma carrière. Ces courts métrages variaient énormément en ce qui a trait au ton et aux techniques, et c’est dans ce film que j’ai pour la première fois tenté de combiner une palette tonale plus large, dans le but de forger un nouveau registre comique, que je n’avais pas encore exploré. Ma petite planète gaie en aquarelle 2D ne s’est pas faite en claquant des doigts. 😉
Pourquoi faire ce film à l’Office national du film du Canada ?
Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours été rebuté par les prétentions ésotériques du monde de l’art et, à l’inverse, j’ai toujours éprouvé une profonde admiration pour les œuvres d’art dont la beauté et le sens étaient largement accessibles et compréhensibles. Je pense que cette caractéristique de ma sensibilité correspond à la mission de base de l’ONF, qui consiste à créer des films destinés au grand public, ce qui implique nécessairement l’accessibilité.
Je dois également mentionner l’incroyable qualité des œuvres produites par l’ONF, car c’est la richesse extraordinaire de ces archives qui a fait en sorte que je rêve de travailler avec lui depuis l’adolescence.
Extraits
Contactez l’attachée de presse de l’ONF pour obtenir des extraits de qualité télévisuelle.
Images
Photos additionnelles
Contactez l’attachée de presse de l’ONF pour obtenir des images en haute résolution destinées à l’impression.
Équipe
Générique
Écrit, conçu et réalisé par
Dylan Glynn
Production
Maral Mohammadian
Animation
Dylan Glynn
Miranda Quesnel
Colorisation
Dylan Glynn
Miranda Quesnel
Herl Joshua E. Lara
Compositing
H. Kristen Campbell
Brandon Blommaert
Voix
Davide Chiazzese
Andy Reid
Dylan Glynn
Dylan Glynn
Montage
Xi Feng
Musique et conception sonore
Vid Cousins
Musique additionnelle
Trade Secrets (Instrumental) and The Spiral
Composée par Neil Shukla
Adaptée par Vid Cousins
Direction de voix
Alex Ivanovici
Simon Paluck
Musiciens et musiciennes
Sarah Pagé
Vid Cousins
Bruitage
Karla Baumgardner
Assistée par Casey Assi
Enregistrement du bruitage et de la musique
Geoffrey Mitchell
Enregistrement des voix
Luc Léger (NFB Montreal)
Jeff Styga (Difuze Toronto)
Mixage
Geoffrey Mitchell
Générique
Mélanie Bouchard
Montage en ligne
Serge Verreault
Production exécutive
Christine Noël
Robert McLaughlin
Production déléguée
Laetitia Seguin
Jocelyne Perrier
Direction technique
Mathieu Tremblay
Spécialiste technique en animation
Yannick Grandmont
Technicienne, soutien production
Mélissa Rousseau
Coordination technique
Luc Binette
Coordination de production
Dominique Forget
Omorose Osagie
Mathilde Chamussy
Administration
Karine Desmeules
Josiane Bernardin
Victoria Angell
Camille Fillion
Conseil principal, mise en marché
Judith Lessard-Bérubé
Gestion de projet, mise en marché
Marion Duhaime-Morissette
Coordination de la mise en marché
Emilie Ryan
Relations de presse
Nadine Viau
Adaptation française
Gabriel Cholette
Une image d’arrière plan a été générée par
Adobe Firefly (AI)
Remerciements
Brodie MacLeod
Kathryn Durst
Ajahnis Charley
Unité documentaire du Centre
GAI SAVOIR

onf.ca
© Office national du film du Canada, 2026
Relations de presse
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Nadine Viau
Attachée de presse – Montréal
C. : 514-458-9745
n.viau@onf.ca
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L’ONF en bref
Fondé en 1939 et unique en son genre, l’Office national du film du Canada (ONF) produit, coproduit et distribue des documentaires et des films d’animation engageants, pertinents et innovants. Incubateur de talents, il est un des plus grands laboratoires de création au monde. Depuis plus de huit décennies, l’ONF permet aux Canadiennes et aux Canadiens de se raconter et de se rencontrer. Ses films sont de plus une ressource éducative fiable et accessible. L’ONF possède également une expertise reconnue mondialement en préservation et en conservation, en plus d’une riche collection vivante d’œuvres qui constituent un pilier important du patrimoine culturel du Canada. Jusqu’à maintenant, l’ONF a produit plus de 14 000 œuvres, dont 7000 sont accessibles gratuitement en ligne sur onf.ca. L’ONF ainsi que ses productions et coproductions ont remporté au-delà de 7000 prix, dont 12 Oscars et un Oscar honorifique récompensant l’excellence de l’organisation dans toutes les sphères de la cinématographie.














